Le récit de Christiane…
Christiane David, née Arnoud, voit le jour, le 2 octobre 1941 à Nogent-en-Bassigny, en Haute-Marne. Elle grandit dans un univers où le soin des autres est une évidence. Son père, Guy, docteur en pharmacie, pharmacien à Bourmont, exerce avec rigueur et dévouement un métier au carrefour de la science et de l’aide aux autres.
Dans cette famille, où l’attention portée aux autres, constitue une valeur essentielle, l’engagement dans le domaine de la santé apparaît presque comme une évidence. Son frère aîné, Francis, choisira lui aussi cette voie, en devenant médecin généraliste en Haute-Marne.
Ainsi, dès son enfance, Christiane évolue dans un environnement où le soin, l’écoute et le sens des responsabilités occupent une place centrale. Cet héritage familial contribuera à façonner sa sensibilité, son regard sur les autres et les valeurs qui guideront son parcours.
C’est pourtant trop tard, comme souvent, que son cancer des ovaires a été diagnostiqué.
Une errance médicale, une famille laissée à l’abandon face à la maladie. En l’espace de deux ans, le cancer s’est généralisé et Christiane est décédée en avril 2013 à l’âge de 73 ans. Deux ans qui ont vu la resplendissante petite femme blonde perdre son sourire et son humour.
Habituée à regarder le verre à moitié plein, Christiane n’avait plus envie de rire. Le cancer avait balayé le quotidien animé de la septuagénaire. Terminées les sorties, dans les musées et galeries d’art parisiens, avec Anne Gaëlle, sa fille cadette. A travers ses lunettes roses fushia, Christiane a vu la vie en noir et blanc, repliée dans une situation, que les six chats de la maison peinaient à adoucir. Deux ans, durant lesquels, la fatigue s’est installée dans le corps amaigri de la mère de famille. La routine de la maladie avec. La radio allumée le matin pour écouter les informations, les discussions machinales qui s’ensuivent. Le repas apporté au chevet de Christiane par ses filles, qui l’aidaient à se préparer pour aller affronter les séances de chimiothérapies deux à trois fois par semaine.
Et puis les retours en voiture, pour s’allonger dans la chambre parentale, de la grande maison familiale au toit noir, à 80km de l’hôpital de Reims, dans laquelle était désormais installé un lit médicalisé. Passer par l’arrière du jardin pour éviter les voisins. Ne pas trop manger pour chasser les nausées. Et le bruit de la télé pour finir la journée. Deux ans de silence aussi. Deux ans de honte. Christiane ne voulait plus voir ses amis. Ou plutôt, refusait qu’ils la voient comme ça. Sans énergies et sans cheveux.
Elle répondait au téléphone, donnait des conseils à une de ses belles sœurs, pour parer aux soucis de la vie, sans jamais raconter ce qui lui arrivait. Christiane rendait service aux gens avec une discrétion notoire, dira-t-on lors de son enterrement. La pudeur des mots, comblée par la douceur des gestes, au sein d’une famille qui a lutté dans la dignité.
Il y eut ce rendez-vous à l’hôpital, durant lequel Christiane David a signalé des pertes de sang sans douleur, presque anodin. Une infirmière, les a notées dans son dossier médical, sans qu’on y attache une grande importance. Puis, un jour, le diagnostic est tombé. Un cancer ovarien au stade 3. Si tard, les pronostics ne sont jamais bons.
Après de longs mois d’un parcours médical éreintant pour Christiane David et les siens, le tueur silencieux a frappé la femme de 73 ans. Comme 3 500 femmes par an.

Être accompagnée face au cancer ovarien: l’utilité du soutien psychologique.
Pour des femmes, jeunes ou moins jeunes, touchées par un cancer ovarien, l’accompagnement psychologique présente plusieurs bénéfices majeurs:
– soutien face au choc du diagnostic : aider à mettre des mots sur la peur, l’incertitude, la colère et le sentiment d’injustice que provoque l’annonce.
– aide à traverser les traitements : offrir un espace sécurisé, pour exprimer les angoisses liées aux interventions, à la douleur, à la fatigue, aux effets secondaires, aux modifications du corps et de la sexualité.
– prévention de l’isolement : favoriser l’expression des émotions et maintenir du lien social et d’amiable, souvent mis à mal par la maladie.
– travail sur l’image de soi et de la féminité : accompagner les bouleversements identitaires (fertilité, sexualité, rapport au corps) qui sont souvent très vifs dans le cancer ovarien.
– soutien aux proches : un ou une psychologue peut aussi aider conjoint, enfants, famille à trouver des repères, ce qui améliore l’entourage de la patiente.
– favoriser l’autonomie et l’adhésion aux soins : une meilleure gestion du stress et de l’anxiété permet souvent une meilleure coopération avec l’équipe médicale.
– accompagnement dans les moments de décision : offrir un lieu neutre pour réfléchir aux choix thérapeutiques, à l’organisation de la vie quotidienne, au projet de vie.
– Après les traitements, aider à l’adaptation psychique et sociale, aux craintes de récidive, à la reconstruction identitaire et au retour à la vie.
En résumé, l’accompagnement psychologique ne se substitue pas aux soins médicaux mais complète le parcours de soins en offrant un lieu où la parole, le vecu émotionnel et la singularité de chaque femme, peuvent être reconnus et soutenus.